Modulation du gain central auditif et réadaptation des travailleurs avec acouphènes

 

Chercheur responsable du projet : Sylvie Hébert, Ph.D.
Professeure titulaire
École d’orthophonie et d’audiologie
Faculté de médecine
Université de Montréal
514-343-6111, poste 2594
Cochercheurs :

 

Marc Schoenwiesner, Ph.D.
Professeur adjoint
Département de Psychologie
Faculté des arts et des sciences
Université de Montréal
Tél : 514-343-2330Arnaud J. Norena, Ph.D.
Chercheur
CRNS UMR 6149 Neurobiologie intégrative et adaptative
3 place Victor Hugo
F-13331 Marseille Cedex 03 
Membres de l’équipe de recherche : Philippe Fournier, audiologiste et étudiant au Ph.D.
Sciences biomédicales (option audiologie)
Université de Montréal
Organisme subventionnaire :

 

Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du Québec (IRSST)
 

Nature et objectifs du projet de recherche

Le système auditif s’adapte aux conditions d’écoute en augmentant ou en diminuant sa sensibilité suivant une privation ou une stimulation. Plusieurs études suggèrent que le port de générateurs diminue la sensibilité auditive, laquelle est exacerbée chez les personnes avec acouphènes. Par contre, aucune étude n’a mesuré ces changements de façon systématique.

Notre étude vise à documenter les changements auditifs avant et après le port d’un ou deux générateurs de bruit pendant une semaine, puis après deux autres semaines supplémentaires. Ainsi, nous avons testé l’audition de chaque participant depuis la périphérie (canal auditif, audiométrie, cochlée) jusqu’au cortex auditif (potentiels évoqués du tronc cérébral), et leur perception (fonction de sonie) avant et après le port de générateurs de bruit.

Pour la réalisation de ce projet de recherche, nous avons recruté des hommes avec acouphènes, âgés de 18 à 35 ans, qui n’ont pas de perte auditive (ou qui ont une perte légère), qui n’ont pas de bouchons de cérumen, ni d’histoire d’otites ou autres problèmes d’oreilles (vertiges, opérations aux oreilles).

Qu’est-ce que les potentiels évoqués du tronc cérébral (ABRs) ?

Cet examen très souvent utilisé en audiologie clinique permet d’apprécier la conduction de l’influx nerveux le long des voies auditives depuis l’oreille jusqu’aux zones du cerveau en charge de l’audition, en passant par le tronc cérébral. Cet examen indique donc si les nerfs qui relient les oreilles au cerveau fonctionnent bien. Pendant l’examen, de petits cercles de métal remplis de gel sont fixés sur la tête et les oreilles. Ces cercles métalliques sont appelés électrodes et enregistrent la façon de le cerveau réagit à des sons transmis au participant via une paire d’écouteurs.

Déroulement du projet de recherche

Lors de la première rencontre au laboratoire BRAMS, chaque participant devait passer plusieurs tests auditifs cliniques (ex. audiogramme, potentiels évoqués du tronc cérébral) et remplir 6 questionnaires qui évaluent la satisfaction de vie, la symptomatologie dépressive, le handicap lié à l’acouphène, le stress au travail, la qualité du sommeil, et l’épuisement professionnel. Cette partie duerait environ 3 heures. Ensuite se faisait la programmation des générateurs de bruit.

Chaque participant devait porter ses générateurs pendant une semaine toute la journée, du réveil au coucher. Ainsi, il était permis d’enlever les générateurs le soir au coucher et de les remettre le lendemain matin.

Après une semaine, les participants devaient revenir au BRAMS pour refaire les mêmes tests qu’au début. Ils devaient garder leurs générateurs jusqu’au dernier moment, soit juste avant d’effectuer les tests. Puis, les participants devaient remettre les générateurs deux autres semaines supplémentaires et revenir au BRAMS pour refaire les mêmes tests et rapporter finalement les générateurs.

Implications liées à la participation

Outre le temps consacré à la participation et aux déplacements, ce projet pouvait occasionner des inconvénients reliés au port des générateurs de bruit (ex. inconfort, perception d’un faible bruit de fond en permanence). Néanmoins, aucun risque associé n’est connu à ce projet de recherche. De plus, les résultats obtenus contribueront à l’avancement des connaissances scientifiques dans ce domaine de recherche. Finalement, il est possible que les participants aient retiré certains bénéfices personnels associés à leur implication.

À noter que la participation à ce projet de recherche était volontaire et que tous les renseignements recueillis demeureront confidentiels dans les limites prévues par la loi.

Compensation

Aucune compensation financière n’était prévue. Cependant, nous avons défrayé les coûts de stationnement de chaque participant lors de la visite au BRAMQ pour réaliser les tests.

Les résultats…?

Les périodes de recrutement et d’évaluation de ce projet de recherche sont maintenant terminées. Les données recueillis sont actuellement en analyse!